Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 10:47
Si l'on en croit le vieil écrivain biblique, le monde serait apparu d'un rayon de lumière trouant l'obscurité du tohu-bohu primordial. Et ce rayon devait sa clarté à une Parole inouïe, "Que la lumière soit !", prononcée non par Marduk le babylonien, mais par Yahvé le juif.
Ce récit de la Genèse est dû, peut-être, à la plume d'un écrivain qui se retrouve lui-même dans une sorte de tohu-bohu social, celui des déportés de Juda en Babylonie, après la défaite subie devant l'assyrien Nabuchodonosor. Les déportés se retrouvent dans un pays étranger, avec une langue étrangère, des coutumes et des rites inconnus. Finie la sécurité de l'enracinement et des litanies en pays connu : maintenant, il faut faire retentir une Parole rebelle, qui permette d'introduire de l'ordre, de l'identique, de l'identité.
Ce qui va devenir le judaïsme s'élabore alors, durant plus d'un siècle, dans le secret du rêve et le laboratoire de la mémoire, dans une exaltation littéraire qui, un beau jour dans le cinquième siècle, va retentir sur la place de Jérusalem revisitée. Esdras le scribe "lut dans le livre de la Loi de Moîse, depuis le matin jusqu'au milieu du jour..." Et tout le peuple s'en alla pour manger et pour boire, car ils avaient compris les paroles qu'on leur avait expliquées (Néhémie 8).

C'était un choix politique et culturel : reconstruire le Temple, les maisons des pères -, avec les techniques apprises à l'étranger, mais sur "la terre d'Israël" que l'on décrète à ce moment-là avoir été promise. La Bible avec son Dieu unique viennent alors de naître.
Encore fallait-il donner un sens, un rayon de lumière qui permette de trouer le tohu-bohu de la déportation. Comment une telle Shoâh avait-elle pu survenir ?
Les rabbins et plus tard le Talmud trouvent la réponse esquissée dans le texte de l'Exode, au chapitre 17. Dans le désert de Sin, le peuple crève de soif et cherche querelle à Moïse, en disant :"Le Seigneur est-il vraiment parmi nous ?" Commentaire : le peuple doute de sa vocation et veut retourner en Egypte, se remettre dans les ornières des peuples connus. C'est alors que surgit un chef bédouin du désert, Amalec, juste à ce moment de doute, juste à ce moment où le peuple veut redevenir conforme à l'image de tous les autres. Et Amalec commence la bataille et les premiers morts jonchent le sol...
Quand Israël doute, Amalec surgit. Les kabbalistes ont remarqué que la valeur numérique du mot "doute" est la même que celle du nom d'Amalec : 240.
Amalec, disent les rabbins aujourd'hui, est l'incarnation historique du doute récurrent d'Israël, l'expression destructrice de sa faiblesse spirituelle. Il est impossible de "parler" avec lui, il faut le combattre, "de génération en génération", d'Agag à Haman, d'Antiochus à Hitler.
Mais d'où vient Amalec? et pourquoi Amalec?

La réponse n'est pas dans les Ecritures, mais dans l'imagination des rabbins. Freud aussi avait beaucoup d'imagination... Voici : Amalec est le fils de Timna, une princesse cananéenne qui aurait voulu se convertir, devenir juive. Elle va voir pour cela Abraham, qui refuse ses propositions, puis Isaac, et enfin Jacob, bref les trois patriarches qui la refusent unanimement. Dépitée, Timna devient alors concubine d'Eliphaz et met au monde Amalec. Et celui-ci n'aura de cesse avant d'avoir vengé sa mère humiliée...
Et les rabbins, admirables, de constater qu'il s'est trouvé un Booz dans le peuple juif pour accueillir comme épouse Ruth qui était pourtant Moabite : quel Booz aujourd'hui pour accueillir légitimement une Timna enfin réconciliée ?

Telle est le premier rai de lumière que le judaïsme fait briller dans le chaos de la déportation : une fidélité retrouvée sur la Terre d'Israël, dans l'attente d'une Ruth nouvelle...
Or au sein du  judaïsme d'après la déportation, s'élabore une autre réponse possible. On en trouve les traces écrites dans différents livres bibliques,  dont celui d'Esther. D'autres déportés ont préféré, comme Jérémie le prophète le leur avait suggéré, "planter des arbres" là où ils étaient pour s'y enraciner eux-mêmes. Et cette transplantation a réussi au point qu'ils ont choisi de rester dans une terre qui n'était plus "d'exil" mais, pour eux, leur nouveau lieu de vie librement choisi et assumé cette fois. Non, ils ne rentreront pas en "terre d'Israël".
Restant là où ils prospèrent, ils entendent se comporter en hommes libres car ils n'ont pas renoncé à la théocratie de leurs coreligionnaires repartis en Israël pour mourir en essayant d'en instaurer une autre là où ils vivent.
Tant pis si Esdras-Néhémie prônent la rupture des mariages mixtes : leurs femmes à eux prendront  leur mari qu'elles veulent, et ils n'hésiteront pas à épouser des "moabites"!
Et ils écrivent, pour dire tout cela, en particulier le livre d'Esther. Ce livre est peu connu en milieu protestant, parce qu'on n'y parle pas de ...Dieu. Pire : Ce dernier, s'il existe, est quasiment ignoré, du moins dans sa version hébraïque originelle, qui date du IVème siècle AC, différente de sa traduction grecque qui, au second siècle, introduit partout l'intervention divine.

Cette absence littéraire n'est d'ailleurs pas la seule à être remarquable dans ce "judaïsme nouveau". Outre qu'Esther, l'héroïne du livre, n'hésite pas à épouser le roi Xerxès, Mardochée, son oncle, vit sa foi comme un acte politique de liberté. Le centre de l'histoire racontée, c'est que Mardochée refuse de se conduire comme un courtisan : il refuse de s'agenouiller devant Haman, premier prince de la Cour du roi. C'est un homme libre, sujet du roi certes, mais homme libre, comme l'apôtre Pierre exhortera les "disciples de la dispersion" à le devenir (1 Pi 2:16).
L'histoire a été écrite comme une oeuvre de fiction, créée par son auteur qui la situe aux temps du roi Xerxès, vers le début du 5ème siècle AC. Il s'agit pour l'auteur de se situer en contreproint avec le livre d'Esdras, qui le cite lui aussi, et pour le contredire : les Juifs peuvent vivre en paix dans un pays étranger!
D'ailleurs ce texte sera probablement réécrit, deux siècles plus tard, dans la version massorétique que nous avons maintenant (toujours en hébreu), avec cette fois-ci une pointe de victoire sur les antisémites et une date, le 13 Adar, qui est celle de l'anniversaire de la mort d'un général goy, Nikanor, ennemi d'Israël, au temps des Macchabées. Et le 14 Adar est devenu la date de la fête de Pourim (mot étranger), sorte de carnaval avant le mot, fêté aujourd'hui encore par l'ensemble du judaïsme. Mais ce texte, qui aura bien du mal à figurer sur la liste des livres bibliques retenue par les rabbins du 1er siècle après J.-C., nous apporte, à nous lecteurs bien tardifs, la bonne nouvelle d'un judaïsme pluriel et inventif dans l'adversité. 
Esdras-Néhémie font le choix d'une identité dure, entourée de haies et du caractère irréductible de certains conflits. Esther fait le choix inverse, celui de la générosité fraternelle et du pari d'une paix possible. Au jour de Pourim, "chacun envoie des cadeaux  à son voisin" (Est. 9:19) et l'on boit jusqu'à ne plus distinguer qui est qui. Au lieu de se barricader dans son personnage même religieux, chacun s'efforce de sortir de la prison dans laquelle  il s'était peut-être enfermé.   

Vingt siècles plus tard (et même un peu plus!), dans une société occidentale contemporaine soumise à un "idéal de la désidéalisation", comme le note A. Finkielkraut, notre protestantisme se trouve comme en pays étranger. Les temples dont l'auditoire s'exténue lentement mais inexorablement depuis un demi-siècle se retrouvent peuplés de prédicateurs décontenancés.
Bien sûr nous ne sommes pas Juifs, mais la méditation de l'Histoire au travers de la Bible peut nous donner des indications. Les témoins de Jésus n'étaient pas d'accord non plus entre eux quant au visage que devaient adopter les communautés anciennes dans les sociétés de leur temps.
Notre protestantisme réformé, dans la recherche résiliente de sa survie, serait sans doute bien inspiré de ne pas s'enfermer tout uniment dans la clameur répétitive et faussement juvénile de concepts usés : peut-être bien, comme le dit Mardochée dans le livre d'Esther, que "le soulagement et la libération viendront d'un autre côté!" (Esther 4:14).  
Par Jean CHARDARD - Publié dans : Prédications - Communauté : civilisation chrétienne
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 21:56

Marthe et Marie, Luc et Jean…

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Marthe et Marie, nous faisons leur connaissance au détour d’un récit mis en scène par Luc. Celui-ci vient de nous raconter, juste avant, l’histoire du Samaritain, qui « met en pratique » son sentiment de compassion envers l’humble blessé gisant au bord de son chemin. Ce Samaritain, cet étranger pourtant,  est le bon exemple à suivre, à l’encontre du prêtre ou du diacre, pétrifiés par leurs conceptions idéologiques…

Et à la suite de cet enseignement, Luc va mettre en scène une histoire qu’il a trouvée dans les « on-dit » sur Jésus, et qu’il accommode à sa manière. Mais on y retrouvera comme personnage central non un « étranger », mais cette fois-ci une « femme », elle aussi marginale dans le système institutionnel de la religion juive, qui sera désignée comme dépositaire de la « meilleure part ».

 

Avant de nous mettre à l’écoute de cette histoire, il nous faut d’emblée rappeler qu’un autre écrivain du Nouveau Testament, Jean, l’auteur de l’Evangile édité quelques années après celui de Luc, propose une toute autre interprétation des personnages de Marthe et de Marie. Il faut donc nous garder de figer la relation entre les deux sœurs dans une seule présentation, celle de Luc ou celle de Jean. La réalité historique, à laquelle notre temps donne une importance méritée, demeure à jamais indiscernable…

 

D’autant que nos deux auteurs, Luc et Jean, ont des préoccupations différentes.

Luc est avant tout, - pardon pour l’anachronisme ! -, un pasteur de paroisse. Les différends entre ses paroissiens le font souffrir, il aimerait tellement que dans l’Eglise, tout le monde soit beau et gentil… Alors il passe son temps à ravauder les déchirures, déjà et encore présentes. Dans le cas particulier, il a à gérer une distance entre apôtres et hellénistes, dans ce qu’il appelle le service des tables, autrement dit la cantine. Qu’à cela ne tienne, Luc favorisera une « hiérarchie » entre les Douze apôtres et l’institution des « diacres ». « Il ne convient pas que nous délaissions le service de la Parole », décrètent ces bons apôtres, dignes émules de Marie, et ils instituent des « diacres » pour le service des tables comme autant de successeurs de Marthe…

C’est un vieux problème parmi les disciples de Jésus. On le rencontre dans la tension entre Paul (l’attachement à l’enseignement du Christ plutôt que les œuvres de la Loi) et Jacques (la pratique effective et non l’hypocrisie des mots). Dans la civilisation grecque, on pourra aussi trouver cet antagonisme entre la philosophie officielle et le labeur des esclaves…

Luc compte sur l’exemple, la bonne volonté pour remédier à cette inégalité sociale. On sait aujourd’hui comme hier ce qu’il en est de ces pieuses exhortations à changer la loi d’airain des relations sociales…

Mais n’accablons pas Luc avec cette part d’ombre, qu’il est probablement anachronique de souligner. Peut-être son parti-pris était-il plus important à son époque. En effet il était sans doute plus significatif de souligner que le rôle des femmes n’était pas uniquement et entre autres déterminé par « le service des tables », quel qu’indispensable soit-il. Malgré les rabbins de l’époque, pour lesquels « Apprendre la Loi à sa fille, c’est comme lui apprendre à coucher ici et là », la « meilleure part » revient à Marie la femme qui se mêle aux disciples « aux pieds de Jésus ». Ce qui ne veut pas dire que Marthe, par son labeur, ne mérite pas elle aussi une « part », mais là n’est pas la question. La proposition est : une femme, toutes les femmes ont droit à la « meilleure part » que se réservaient les hommes jusque-là.

« Il n’y a plus ni homme ni femme… »

Ne chipotons donc pas le récit de Luc qui, après celui de l’étranger samaritain, ouvre à toutes les femmes le « patrimoine sacré » qu’évoque le psaume 16…

 

Quelques années après, l’auteur de l’évangile selon Jean, qui connaît le récit de Luc et sa mise en scène, reprend l’histoire des deux sœurs et la modifie selon son propre point de vue. Jean semble d’ailleurs connaître de première main les « sources », les témoins.

En effet, l’épisode survient à Béthanie, tout près de Jérusalem, alors que Luc le place à « no-where ». Jean précise : c’est le village de « Marie », donc de l’aînée… Et faut-il l’imaginer, il semble que Jésus « aime » Marthe, la cadette seule identifiée, plus que Marie, à peine mentionnée. C’est d’ailleurs celle-ci qui a répandu du parfum sur Jésus, ajoute Jean, et non une dévergondée comme le prétend Luc.

Plus que de rechercher la « pointe » du récit, qui constitue l’ultime « signe » de l’Evangile autour de la surrection de Lazare, attardons-nous sur le comportement de Marie et de Marthe, les deux sœurs de Lazare.

A l’approche de Jésus, c’est Marthe qui se précipite à sa rencontre en lui reprochant son retard : »Mon frère serait encore vivant si tu avais été ici… ». Marthe ne s’enferme pas dans sa critique, mais exprime sa confiance : maintenant que Jésus est là, elle s’en remet à lui… Et, grâce à elle, on entend Jésus dire une de ses paroles les plus fortes, bien au-delà de la croyance religieuse pharisienne d’une résurrection à la fin des temps : « La résurrection et la vie, c’est moi ! » On entend l’hébreu ani hou… Crois-tu cela ? Oui, je suis convaincue que c’est toi qui est le messie !

Marthe, la première femme à reconnaître, explicitement, le messie dans la personne de Jésus ! A la lumière de sa seule parole, de son seul enseignement, avant même que Lazare son frère ne se soit relevé…

 

Avec le témoignage de Jean, nous sommes loin de la Marthe de Luc, apparemment insoucieuse de l’enseignement du Maître, - ce qui ne l’empêchera pas, un peu plus loin, de « servir au repas » alors que Marie répand du parfum sur les pieds de Jésus au grand dam de Judas…

N’anticipons pas et revenons à Marthe qui, précisément, avertit maintenant en secret Marie que le Seigneur l’appelle. Marthe, ce faisant, accomplit la vocation de tout disciple : appeler son prochain à l’écoute de la Parole. Et Marie, sur la foi de Marthe, se précipite à son tour…

Nous sommes tous devenus aujourd’hui des lecteurs de roman, ou des spectateurs de film. Alors peut-être que je me fais un film, voyez.

Je lis que Jésus aimait Marthe, la cadette. Marie, l’aînée, en a conscience. A l’approche de Jésus, elle a laissé Marthe filer en avant. Mais lorsqu’elle entend celle-ci lui dire discrètement que Jésus veut la voir, elle se précipite, avec les mêmes mots que sa sœur. Mais contrairement à celle-ci, elle est incapable d’une discussion confiante, et s’écroule en pleurs aux pieds de Jésus. Un tel comportement, en public, de Marie, trouble Jésus qui s’emporte, et : « Jésus pleura. » C’est le verset le plus court du Nouveau Testament. Jean, 11 :35. Vous imaginez, un dieu qui pleure ?

Marie disparaît du récit, pour reparaître une semaine plus tard, à un repas auquel assiste Jésus à Béthanie. Marthe servait, apprend-on. Et que fait Marie ? « Elle prit une livre de parfum de nard pur, de grand prix, en répandit sur les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux. » (12 :3)

Il est bien sûr possible d’interpréter un tel geste comme une préfiguration de l’embaumement de son cadavre : en fait l’interprétation mise par Jean sur les lèvres de Jésus est susceptible de multiples traductions. On ne connaît donc que par approximation la réaction de Jésus.

Pourrait-on dire, - approximativement -, que Marie, incapable de suivre sa sœur Marthe dans l’expression de ses convictions, déclare à Jésus la puissance de son affection ?

Des théologiens contemporains parleraient ici, sans doute, de « jésuslâtrie ».  C’est mal vu des théologiens, d’être « jésuslâtre » : c’est manquer l’aspect « fils de dieu », et ne s’attacher qu’à la chair…

Peut-être bien. Un tel attachement à la chair avait en tout cas déjà frappé Jean, l’auteur de l’évangile, qui remarque, dès son prologue au 1er chapitre, que « La Parole est devenue chair »…

En tout cas, Jésus n’a pas condamnée Marie, au contraire il la recommande à la mémoire des siècles.

Que vous soyez Marthe, semble dire Jésus, capable d’une confession de foi lumineuse, ou que vous soyez Marie, responsable d’un geste maladroit mais fort d’une poésie inoubliable, - l’une comme l’autre, l’un comme l’autre, frères et sœurs, ont été chair spirituelle et ma Parole a été pour elles deux provocation à la Vie. A une vie autre.

 

Marthe et Marie, Marie et Marthe, Luc, et Jean. Deux personnages, mis en scène différemment par deux conteurs.

Il n’est pas inintéressant, au rebord d’un culte le dimanche matin, de mettre les deux récits en regard l’un de l’autre, au lieu de toujours les traiter séparément.

Tout comme la force spirituelle de l’Evangile, et même de la Bible toute entière, est capable d’inspirer chacun, chacun qui pourra « l’entendre  comme une invitation à l’approfondissement, à la recherche ou au désir », écrivent les traducteurs de la Nouvelle Bible Segond.

Il se peut que le récit de Luc me hérisse avec ses disputes entre femmes, ou que je « passe à côté » de celui de Jean avec sa réanimation du cadavre de Lazare.

Il se peut aussi que je sois sensible à la liberté dont ces deux témoins font preuve avec une imagination déliée (« Déliez-le », dit Jésus de Lazare enfermé dans des bandelettes), pour nous appeler à choisir « la meilleure part », celle qui demeure, mon « patrimoine de délices » dit le psaume 16, ou « ce qui reste » dans ma paume après la tempête de la vie, dit l’Ecclésiaste.

 

Marthe et Marie, Marie et Marthe, Luc, et Jean.

En Jésus le Messie.

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Par Jean CHARDARD - Publié dans : Prédications - Communauté : Protestantisme
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